On savait que l'ancien
ministre du Budget, Michel Charasse, était socialiste. Mais on ne le croyait
pas aussi libéral. Dans un amendement présenté à la veille du débat sur le
projet de loi DADVSI, le sénateur du Puy-de-Dôme prône la suppression pure et
simple de l'interopérabilité, c'est-à-dire de la possibilité de lire sur
n'importe quelle machine un titre de musique acheté sur Internet.
Selon lui, l'interopérabilité
peut-être considérée comme une atteinte à la libre concurrence. « Outre
qu'elles portent atteinte au droit de propriété, au droit des contrats, aux
droits des titulaires de droit sur les mesures techniques de protection et à
celui des titulaires de droits de propriété littéraire et artistique de les
protéger aussi efficacement que l'état de la technique le permet, ces
dispositions nous isolent au sein du marché européen et mondial des NTI
(nouvelles technologies de l'information) », explique Michel Charasse.
Avant de poursuivre : « N'en déplaise aux intégristes du logiciel libre et aux associations de consommateurs, ce n'est pas en violant le droit de propriété, base du droit français et du droit européen, que nous défendrons notre place ni dans l'univers de la culture ni dans celui du numérique.»
Des déclarations qui
n'ont pas échappé à la sagacité légendaire de la Ligue ODEBI qui, dans un
communiqué, s'avoue « profondément déçue par cette trahison socialiste juste
avant la dernière bataille au Sénat ». Ce « Cercle composé de plusieurs dizaines d'internautes qui débattent et décident » , rappelle « qu'une fois de plus
une partie du PS est abreuvée aux mêmes fontaines de l'argent facile que certains sénateurs
UMP ». Il y a de la diffamation dans l'air.
Pas de la diffamation hélas mais une évidence. Ces élus ne représentent pas nos intérêts de citoyens dans cette affaire mais les leurs au travers de ceux qui les flattent et les abreuvent de contrevérités techniques ou économiques. Quant à Charasse ne serrait il pas fichu de faire la différence entre médias et contenu ? Entre industrie des supports et juste rénumération des créateurs ? J'en doute et sa position en est d'autant plus étrange.
Rédigé par: Gérard Pandolfo | 07 mai 2006 à 17:30
Désolé mais je ne vois aucune diffamation...dans l'air ou non.
Les faits et les prises de position parlent d'elle même : quel interêt CHARASSE a de défendre EXACTEMENT les mêmes positions que l'industrie culturelle qui a largement utilisé des 'méthodes que la morale réprouve' comme l'a si bien dit un député UMP lors d'un reportage sur France 2.
Il faut arréter de vouloir se voiler la face.
LE lobbying appuyé n'est que la forme plus polissée d'une autre notion....
Rédigé par: ToTo | 07 mai 2006 à 20:41
Supprimer l'interropérabilité, c'est supprimer le droit de profiter pleinement du titre acheté.
Le droit du vendeur est donc supérieur à celui du consommateur.
Faire des marchés captifs avec des standarts propriétaires incontournables, c'est faire le jeu d'une guerre dont seule une ou deux grosses sociétés peuvent en sortir alors que des consommateurs y perdent leurs produits. C'est arriver à un microsoft qui truste tous les secteurs de l'informatique (logiciel, jeu, matériel, loisirs...)
Un socialiste qui défend les trusts est il encore un socialiste ?
Même les sociétés "libérales" veulent de vrais règles de concurrence. Or les lois DADvSI avantagent les grosses sociétés en place (celles qui dictent leurs lois aux auteurs et choisissent les 'élus') et vont imposer des "règles" qui vont tuer les petites entreprises utilisant le P2P.
Le sujet est vaste, et les motivations des députés et sénateurs bien obscures. Leur argumentation ne tient pas. Leur compétence est douteuse. La désinformation est générale.
La culture française survivra à un CHARASSE, mais pas grace à lui.
Rédigé par: FredLeBorgne | 08 mai 2006 à 00:09