Rencontre avec les
responsables du Snep (Syndicat national de l'édition phonographique), une
organisation qui l'an passé avait subtilement rappelé aux internautes la peine
qu'ils encouraient en téléchargeant illégalement de la musique sur le Web. Au
menu, les résultats (décevants) du marché du disque sur les trois premiers mois
de 2006 et un état des lieux à la veille de l'examen par le Sénat du projet de
loi DADVSI.
Et là, surprise, après les déconvenues parlementaires du Palais
Bourbon, les éditeurs de disques ont troqué la moue des mauvais jours pour le
masque de la sérénité. Le directeur général du Snep, Hervé Rony, salue « le
travail de qualité du Sénat ». Il étrille au passage l'Alliance
Public-Artistes, qui selon lui « ment » en proclamant à qui veut
l'entendre que « la copie privée est à l'état d'agonie ». Il faut dire
que pour le directeur général du SNEP, qui ne voit dans la copie privée
« qu'une exception résiduelle et non un droit », si agonie il y a, elle
ne peut être que relative.
On évoque aussi le lobbying, cette pratique venue
des Etats-Unis qui mettrait les élus du peuple sous pression. « Ce sont juste des entretiens et des coups de téléphone. Le lobbying, ça n'a vraiment rien d'exceptionnel, » explique Hervé Rony.
Au Sénat, comme à l'Assemblée nationale, le Snep a pris son bâton de pélerin et rencontré l'ensemble des groupes politiques (à l'exception de l'Union centriste, qui a préféré pratiquer la politique de la porte close). Alors rien d'exceptionnel, le lobbying ? Peut-être... A moins que les éditeurs de disques n'aient une botte secrète. Tout à coup,
la sonnerie du portable de l'un des dirigeants du syndicat retentit. C'est celle
des Tontons Flingueurs...
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